jeudi 2 décembre 2010

pensées violettes

Entre idées noires et rêves bleus azur. 
Mélange troublant d'un peu de bonheur sur fond de tristesse.
Envie de la vie. 
La réécrire en violet.

lundi 22 novembre 2010

Venjamin Violet contre le Nain Pourpre

Venjamin Violet hoquetait violemment en renversant des couvercles sur le boulevard des Vanités. Il venait tout juste d'être collectivement violé par les membres virulents du gang du Nain Pourpre... L'irascible Nain Pourpre avait décidé de lui voler dans les plumes et de lui faire ravaler son pucelage de dandy pré-pubère.

Venjamin était veuf, vil et veule mais il n'en possédait pas moins le secret de la mélodie vipérine, la ritournelle vernaculaire. Il naviguait variablement entre Vitry et Vincennes, entre Véronèse et Verdi. Et Reverdy aussi...

A force de vestes prises, il avait fini par savoir sa valeur. En supputant sa peine, il savonnait sa vie.... Mais voilà qu'un viol invalidait sa vision d'un véritable vedettariat vraiment enviable. La vérité se dit-il, la vérité c'est que je survis en survêt. Il se voyait bien tel qu'il vivotait : Veuf, vil et veule....

Mais là, Venjamin était survolter, révolter... D' un coup, son aversion pour le valium s'avérait invalide, sans saveur ni valeur. Il se voulait viril, ne se voyait ni veule, ni vil, pas plus que veuf. En fait, il en voulait a sa vieille vahiné, la vulvaire et volcanique Violette qui savait éveiller son vit et le faire se sentir véritablement vivant.Le Nain Pourpre était lui d'un autre acabit. Loin d'être calmé par ce viol orchestré, il se sentait tout sauf académique. Il souhaitait que son courroux fut endémique. Crée une panique parmi les éphèbes en gants blanc, les gandins pré raphaéliques, les raeliens bouffeurs d'ozone. Venjamin Violet, violé tant de fois, ne calmait pas sa soif de vengeance autochtone. Un grand caftan violet dévalant en plis lourds sa silhouette galbée, il sortit d' un cabas doré pendant a son fin bras, une paire de sunglasses Dolce Gabanna. Le Nain Pourpre savait se parer, s'entourer de pavanes volubiles pour se faire désirer.

Admirer, craint, suffoquant de glamour égotique, le Nain était au fond cruel et superficiel.

jeanpaul effe

Du plomb dans l'elle

L’horizon chargé quand j’arrive à la cabane. Mon regard vrille sur son cou en angle droit. Une corolle violette s’étend sur la cassure, une tache de sang séché, profonde. Un trou. Bec à terre sur le parquet, ses plumes, un camaïeu sombre. Impact nauséeux dans l’estomac. Une chaleur de plomb m’étreint. La soif qui ravine, regard crispé sur la tache, douloureuse. A côté, d’autres perdrix, des faisans, pigeons, palombes rangées par espèces. Du gibier. Des oiseaux morts. Je les revois déployés, fendant l’air au-dessus des marais, battre de l’aile aux détonations des fusils. Leurs gémissements quand ils dégringolent jusqu’à terre. Les chiens qui détalent aux cris de leurs maîtres pour ramener les proies serrées dans la gueule. Maintenant, l’heure du partage. Ils sont là, en cercle, soldats de plomb. Un mètre quatre-vingt au moins, des armoires. Deux têtes de plus que moi. Un silence lourd, épais comme une attente. Ils discutent, qui veut quoi, des arrangements. La soif encore, mes poumons se vident, l’air manque. Toujours cette tache, chair violetée, vineuse. Dégoulinante. Un ciel violacé à mes yeux, compact, saturé. Un écran de fureur qui envahit tout. En finir... Leur voler dans les plumes, leur mettre du plomb dans la tête. Les éclater, tous. Mon ventre brûle, un liquide chaud coule le long de mes jambes. « Pisseuse, tu pleureras moins. » Des rires moqueurs.Mes doigts engourdis sur le métal froid des fusils. Canon à l’horizontal, le claquement sec du fusil refermé. Je vise dans le tas. Chaque coup porté une décharge nerveuse le long de ma colonne. La douleur du fusil qui cogne le creux de l’épaule. Appuyer sur la détente encore. Ils tombent comme des mouches. Les voir enfin là, terrassés. Leurs yeux comme des cigares éteints.
Myriam Linguanotto

vendredi 19 novembre 2010

De Totie

Les fleurs de glycine chantent sur les arbres en cascades de sons ruisselants de mauve.