Venjamin Violet hoquetait violemment en renversant des couvercles sur le boulevard des Vanités. Il venait tout juste d'être collectivement violé par les membres virulents du gang du Nain Pourpre... L'irascible Nain Pourpre avait décidé de lui voler dans les plumes et de lui faire ravaler son pucelage de dandy pré-pubère.
Venjamin était veuf, vil et veule mais il n'en possédait pas moins le secret de la mélodie vipérine, la ritournelle vernaculaire. Il naviguait variablement entre Vitry et Vincennes, entre Véronèse et Verdi. Et Reverdy aussi...
A force de vestes prises, il avait fini par savoir sa valeur. En supputant sa peine, il savonnait sa vie.... Mais voilà qu'un viol invalidait sa vision d'un véritable vedettariat vraiment enviable. La vérité se dit-il, la vérité c'est que je survis en survêt. Il se voyait bien tel qu'il vivotait : Veuf, vil et veule....
Mais là, Venjamin était survolter, révolter... D' un coup, son aversion pour le valium s'avérait invalide, sans saveur ni valeur. Il se voulait viril, ne se voyait ni veule, ni vil, pas plus que veuf. En fait, il en voulait a sa vieille vahiné, la vulvaire et volcanique Violette qui savait éveiller son vit et le faire se sentir véritablement vivant.Le Nain Pourpre était lui d'un autre acabit. Loin d'être calmé par ce viol orchestré, il se sentait tout sauf académique. Il souhaitait que son courroux fut endémique. Crée une panique parmi les éphèbes en gants blanc, les gandins pré raphaéliques, les raeliens bouffeurs d'ozone. Venjamin Violet, violé tant de fois, ne calmait pas sa soif de vengeance autochtone. Un grand caftan violet dévalant en plis lourds sa silhouette galbée, il sortit d' un cabas doré pendant a son fin bras, une paire de sunglasses Dolce Gabanna. Le Nain Pourpre savait se parer, s'entourer de pavanes volubiles pour se faire désirer.
Admirer, craint, suffoquant de glamour égotique, le Nain était au fond cruel et superficiel.
jeanpaul effe
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