Entre idées noires et rêves bleus azur.
Mélange troublant d'un peu de bonheur sur fond de tristesse.
Envie de la vie.
La réécrire en violet.
blog de la revue distorsions. Chaque mois, on y parle, on y montre, on y dérive sur une couleur.
jeudi 2 décembre 2010
vendredi 26 novembre 2010
lundi 22 novembre 2010
Venjamin Violet contre le Nain Pourpre
Venjamin Violet hoquetait violemment en renversant des couvercles sur le boulevard des Vanités. Il venait tout juste d'être collectivement violé par les membres virulents du gang du Nain Pourpre... L'irascible Nain Pourpre avait décidé de lui voler dans les plumes et de lui faire ravaler son pucelage de dandy pré-pubère.
Venjamin était veuf, vil et veule mais il n'en possédait pas moins le secret de la mélodie vipérine, la ritournelle vernaculaire. Il naviguait variablement entre Vitry et Vincennes, entre Véronèse et Verdi. Et Reverdy aussi...
A force de vestes prises, il avait fini par savoir sa valeur. En supputant sa peine, il savonnait sa vie.... Mais voilà qu'un viol invalidait sa vision d'un véritable vedettariat vraiment enviable. La vérité se dit-il, la vérité c'est que je survis en survêt. Il se voyait bien tel qu'il vivotait : Veuf, vil et veule....
Mais là, Venjamin était survolter, révolter... D' un coup, son aversion pour le valium s'avérait invalide, sans saveur ni valeur. Il se voulait viril, ne se voyait ni veule, ni vil, pas plus que veuf. En fait, il en voulait a sa vieille vahiné, la vulvaire et volcanique Violette qui savait éveiller son vit et le faire se sentir véritablement vivant.Le Nain Pourpre était lui d'un autre acabit. Loin d'être calmé par ce viol orchestré, il se sentait tout sauf académique. Il souhaitait que son courroux fut endémique. Crée une panique parmi les éphèbes en gants blanc, les gandins pré raphaéliques, les raeliens bouffeurs d'ozone. Venjamin Violet, violé tant de fois, ne calmait pas sa soif de vengeance autochtone. Un grand caftan violet dévalant en plis lourds sa silhouette galbée, il sortit d' un cabas doré pendant a son fin bras, une paire de sunglasses Dolce Gabanna. Le Nain Pourpre savait se parer, s'entourer de pavanes volubiles pour se faire désirer.
Admirer, craint, suffoquant de glamour égotique, le Nain était au fond cruel et superficiel.
jeanpaul effe
Venjamin était veuf, vil et veule mais il n'en possédait pas moins le secret de la mélodie vipérine, la ritournelle vernaculaire. Il naviguait variablement entre Vitry et Vincennes, entre Véronèse et Verdi. Et Reverdy aussi...
A force de vestes prises, il avait fini par savoir sa valeur. En supputant sa peine, il savonnait sa vie.... Mais voilà qu'un viol invalidait sa vision d'un véritable vedettariat vraiment enviable. La vérité se dit-il, la vérité c'est que je survis en survêt. Il se voyait bien tel qu'il vivotait : Veuf, vil et veule....
Mais là, Venjamin était survolter, révolter... D' un coup, son aversion pour le valium s'avérait invalide, sans saveur ni valeur. Il se voulait viril, ne se voyait ni veule, ni vil, pas plus que veuf. En fait, il en voulait a sa vieille vahiné, la vulvaire et volcanique Violette qui savait éveiller son vit et le faire se sentir véritablement vivant.Le Nain Pourpre était lui d'un autre acabit. Loin d'être calmé par ce viol orchestré, il se sentait tout sauf académique. Il souhaitait que son courroux fut endémique. Crée une panique parmi les éphèbes en gants blanc, les gandins pré raphaéliques, les raeliens bouffeurs d'ozone. Venjamin Violet, violé tant de fois, ne calmait pas sa soif de vengeance autochtone. Un grand caftan violet dévalant en plis lourds sa silhouette galbée, il sortit d' un cabas doré pendant a son fin bras, une paire de sunglasses Dolce Gabanna. Le Nain Pourpre savait se parer, s'entourer de pavanes volubiles pour se faire désirer.
Admirer, craint, suffoquant de glamour égotique, le Nain était au fond cruel et superficiel.
jeanpaul effe
Du plomb dans l'elle
L’horizon chargé quand j’arrive à la cabane. Mon regard vrille sur son cou en angle droit. Une corolle violette s’étend sur la cassure, une tache de sang séché, profonde. Un trou. Bec à terre sur le parquet, ses plumes, un camaïeu sombre. Impact nauséeux dans l’estomac. Une chaleur de plomb m’étreint. La soif qui ravine, regard crispé sur la tache, douloureuse. A côté, d’autres perdrix, des faisans, pigeons, palombes rangées par espèces. Du gibier. Des oiseaux morts. Je les revois déployés, fendant l’air au-dessus des marais, battre de l’aile aux détonations des fusils. Leurs gémissements quand ils dégringolent jusqu’à terre. Les chiens qui détalent aux cris de leurs maîtres pour ramener les proies serrées dans la gueule. Maintenant, l’heure du partage. Ils sont là, en cercle, soldats de plomb. Un mètre quatre-vingt au moins, des armoires. Deux têtes de plus que moi. Un silence lourd, épais comme une attente. Ils discutent, qui veut quoi, des arrangements. La soif encore, mes poumons se vident, l’air manque. Toujours cette tache, chair violetée, vineuse. Dégoulinante. Un ciel violacé à mes yeux, compact, saturé. Un écran de fureur qui envahit tout. En finir... Leur voler dans les plumes, leur mettre du plomb dans la tête. Les éclater, tous. Mon ventre brûle, un liquide chaud coule le long de mes jambes. « Pisseuse, tu pleureras moins. » Des rires moqueurs.Mes doigts engourdis sur le métal froid des fusils. Canon à l’horizontal, le claquement sec du fusil refermé. Je vise dans le tas. Chaque coup porté une décharge nerveuse le long de ma colonne. La douleur du fusil qui cogne le creux de l’épaule. Appuyer sur la détente encore. Ils tombent comme des mouches. Les voir enfin là, terrassés. Leurs yeux comme des cigares éteints.
Myriam Linguanotto
Myriam Linguanotto
samedi 20 novembre 2010
vendredi 19 novembre 2010
dimanche 14 novembre 2010
Débit de nuit
Le jour est tombé quand elle frappe à l’arrière du magasin. Plusieurs coups répétés. Elle s’excuse pour le dérangement, c’est pas des heures mais c’est plus fort que tout.
- Un pack de bière… même deux.
- Il m’en reste qu’un.
- Et dans la réserve ? Des fois y en a.
Elle repart, les cartons sous le bras. Traverse la nationale, une ombre entre les phares des voitures qui tracent leur route.
Au matin, sa démarche moins sûre que la veille. Le visage fatigué qui tire sur le gris. Des yeux creusés par les cernes, rides naissantes jusqu’aux pommettes.
- Y en aura ce soir ? Ou bien, je m’arrange autrement.
Quand le jour s’éteint, elle débarque sur le parking. Attend que le rideau de fer soit baissé, emmitouflée dans son anorak. Regards furtifs pour repérer qui est dans la réserve. La monnaie préparée, le compte exact pour ne pas s’attarder. Et rester en retrait, au seuil de la porte pour éviter la lumière crue. Le néon blafard au plafond, ça ne pardonne pas. Sa peau légèrement boursouflée sous les yeux, un peu de couperose sur les joues, filaments veineux, les joues violacées.
- Il m’en faut quatre si c’est fermé demain. Tiens, je prends l’autre marque, vous savez, moins chère.
Ça pourrait suffire à combler la nuit. Mais trois heures plus tard, la même. Ça tangue un peu et les mots s’embrouillent. Mains hésitantes pour prendre les packs, regard fuyant pour payer. Elle est loin déjà, de l’autre côté. Sa silhouette danse quand elle tourne au coin de la rue.
- Un pack de bière… même deux.
- Il m’en reste qu’un.
- Et dans la réserve ? Des fois y en a.
Elle repart, les cartons sous le bras. Traverse la nationale, une ombre entre les phares des voitures qui tracent leur route.
Au matin, sa démarche moins sûre que la veille. Le visage fatigué qui tire sur le gris. Des yeux creusés par les cernes, rides naissantes jusqu’aux pommettes.
- Y en aura ce soir ? Ou bien, je m’arrange autrement.
Quand le jour s’éteint, elle débarque sur le parking. Attend que le rideau de fer soit baissé, emmitouflée dans son anorak. Regards furtifs pour repérer qui est dans la réserve. La monnaie préparée, le compte exact pour ne pas s’attarder. Et rester en retrait, au seuil de la porte pour éviter la lumière crue. Le néon blafard au plafond, ça ne pardonne pas. Sa peau légèrement boursouflée sous les yeux, un peu de couperose sur les joues, filaments veineux, les joues violacées.
- Il m’en faut quatre si c’est fermé demain. Tiens, je prends l’autre marque, vous savez, moins chère.
Ça pourrait suffire à combler la nuit. Mais trois heures plus tard, la même. Ça tangue un peu et les mots s’embrouillent. Mains hésitantes pour prendre les packs, regard fuyant pour payer. Elle est loin déjà, de l’autre côté. Sa silhouette danse quand elle tourne au coin de la rue.
samedi 13 novembre 2010
Et V’LAN
Vies au lait
Violées
Par violeurs avides
Vois
Comme d s la tétée
L’envie violente de vides variés
Vite achetés
Vite jetés
Viendra voiler tes vivacités dans des velléités vitrifiées
Voué vider son porte- monnaie pour un veau, une vache, une couvée ?
D’o vient le vent violent du vacant qui vole au quidam son avenant ?
Ne pars par en vrille, voyageur
Vois le vrai dans l’évidé
Et vaque, vaillant, vers les volcans du bonheur
Violées
Par violeurs avides
Vois
Comme d s la tétée
L’envie violente de vides variés
Vite achetés
Vite jetés
Viendra voiler tes vivacités dans des velléités vitrifiées
Voué vider son porte- monnaie pour un veau, une vache, une couvée ?
D’o vient le vent violent du vacant qui vole au quidam son avenant ?
Ne pars par en vrille, voyageur
Vois le vrai dans l’évidé
Et vaque, vaillant, vers les volcans du bonheur
Mortel été
A un moment donné, le printemps arrivait. Les maisons se secouaient de leur somnolence, des explosions de glycines dévalaient les murs en meulière, le goudron se couvrait de parcours à la craie où ciel et terre se rapprochaient. Le soir, on s’asseyait aux seuils des portes pour regarder le ciel s’assombrir. Les enfants jouaient jusqu’à ce que la nuit les écrase de fatigue.
Arriva l’été. Une vague de chaleur balaya la ville, insoutenable. Une chaleur épaisse comme un nuage de feu brusquant tout sur son passage. Au début, on arpenta les nuits à travers la ville, guettant la fraîcheur des parcs, l’eau des fontaines. Le goudron s’enfonça sous nos pas, chaque heure devint plus chaude. Dans les maisons, on étendit du linge mouillé aux fenêtres pour humidifier l’air. Rien n’y fit. Une chape suffocante se répandait d’une pièce à l’autre. Les jours passèrent au gré des pics de chaleur, une onde de choc jusqu’aux confins de l’Europe. La mer, même, n’y suffit plus. Elle charria des poissons crevés sur le rivage, ventres retournés, dégageant une odeur pourrie. Il fallut chercher ailleurs, dans les forêts d’altitude qui finirent aussi par s’enflammer.
Puis la nouvelle arriva, on l’entendit à la radio un matin, elle circula toute la journée jusqu’au soir. On commençait à compter les cadavres. Des nuits tuèrent d’autant plus que le vent s’était tari dans la journée. Les hôpitaux donnèrent l’alerte, les urgences débordaient. Ce fut trop. Alors, on entassa les corps violacés dans des hangars réfrigérés.
L’automne s’annonçait. On inhuma les dépouilles abandonnées sous un ciel de lin.
Arriva l’été. Une vague de chaleur balaya la ville, insoutenable. Une chaleur épaisse comme un nuage de feu brusquant tout sur son passage. Au début, on arpenta les nuits à travers la ville, guettant la fraîcheur des parcs, l’eau des fontaines. Le goudron s’enfonça sous nos pas, chaque heure devint plus chaude. Dans les maisons, on étendit du linge mouillé aux fenêtres pour humidifier l’air. Rien n’y fit. Une chape suffocante se répandait d’une pièce à l’autre. Les jours passèrent au gré des pics de chaleur, une onde de choc jusqu’aux confins de l’Europe. La mer, même, n’y suffit plus. Elle charria des poissons crevés sur le rivage, ventres retournés, dégageant une odeur pourrie. Il fallut chercher ailleurs, dans les forêts d’altitude qui finirent aussi par s’enflammer.
Puis la nouvelle arriva, on l’entendit à la radio un matin, elle circula toute la journée jusqu’au soir. On commençait à compter les cadavres. Des nuits tuèrent d’autant plus que le vent s’était tari dans la journée. Les hôpitaux donnèrent l’alerte, les urgences débordaient. Ce fut trop. Alors, on entassa les corps violacés dans des hangars réfrigérés.
L’automne s’annonçait. On inhuma les dépouilles abandonnées sous un ciel de lin.
lundi 27 septembre 2010
Inscription à :
Articles (Atom)

